Par Linda Verhaeghe
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Présentée ce 5 novembre, à l’occasion du salon Euronaval, la deeptech française Rift annonce le déploiement sur le littoral français de son infrastructure de drones autonomes, destinée à réaliser des essais en mer en conditions réelles.
La deeptech française Rift franchit une nouvelle étape dans le développement de ses systèmes aériens autonomes. Avec le soutien de France 2030, un programme d’investissement de l’État français qui lui accorde 1,3 million d’euros, l’entreprise déploie sur le littoral français une infrastructure de drones destinée à réaliser des essais en mer en conditions réelles, avec pour ambition de proposer une capacité d’observation aérienne à la demande, capable de décoller sur alerte et de transmettre des images en temps réel, sans nécessiter de personnel sur site.
Fondée en 2023, Rift développe plus précisément une solution qui associe drones à décollage et atterrissage verticaux (VTOL), stations autonomes et logiciel de pilotage à distance. Le dispositif repose sur un principe : automatiser toute la chaîne opérationnelle, depuis le déclenchement de la mission jusqu’à la transmission des données aux centres de contrôle.
De la détection radar à l’observation en temps réel
L’innovation repose sur la complémentarité entre les capteurs existants et les drones. Si les radars côtiers permettent de détecter la présence d’une embarcation, ils ne donnent pas toujours assez d’informations pour identifier sa nature ou comprendre son activité. En cas d’alerte, un drone stationné à proximité peut donc décoller automatiquement, rejoindre la zone concernée et transmettre des images aux opérateurs.
Le système est conçu pour fonctionner de jour comme de nuit, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Chaque station peut accueillir plusieurs drones afin d’assurer la continuité des missions : lorsqu’un appareil doit rentrer, un second peut en effet prendre le relais et maintenir l’observation. L’ensemble des opérations est piloté à distance depuis un centre unique grâce à RiftOS, le logiciel de l’entreprise.
Cette architecture doit permettre d’apporter une réponse intermédiaire entre les moyens de surveillance traditionnels et les appareils de longue endurance. Elle pourrait être mobilisée pour la lutte contre les trafics illicites, la surveillance des activités de pêche, la détection des pollutions, la sûreté maritime ou encore les opérations de recherche et de sauvetage.
Une infrastructure pensée pour être répliquée
L’entreprise mise également sur un modèle économique fondé sur la prestation de service. Ainsi, plutôt que d’acquérir et d’entretenir une flotte de drones, les clients accèdent à une capacité d’observation aérienne à l’usage, avec les données directement exploitables. Une approche qui limite les contraintes de maintenance, de recrutement et de formation des opérateurs.
L’entreprise privilégie un modèle de prestation de services, permettant à ses clients de bénéficier d’une capacité d’observation aérienne à l’usage, sans avoir à acquérir ni entretenir leur propre flotte de drones ou à mobiliser des opérateurs sur site. Un marché potentiel important, alors que la France dispose du deuxième espace maritime mondial, avec plus de 10 millions de km² de zone économique exclusive.




